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28.02.2007
Cadeau surprise
Momentanément murmurant mes maladives mesquineries, je dessine des desseins destinés à ton émoi. Irréfléchi je suis. Les circonvolutions d’une circumnavigation autour de ta planète tête provoquent en toi comme des questions bêtes : Qu’est ce qu’il veut, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ?
Portant à ma bouche des mots louches, tu écarquilles comme tu peux tes beaux yeux bleus. Parfaitement satisfait de mes exploits, j’attends au minimum un baiser de toi. Cacahouètes. J’ai pas vu venir la gifle, je m’étais retourné pour reprendre du kirsch.
Découragement fait pas parti de mon vocabulaire, je me rabats sur celle aux yeux verts. Salut Gwendoline, j’te souhaite un joyeux anniversaire !
Elle doit pas parler le français, vu qu’elle a pas daigné se retourner. J’aurais pourtant aimé être son cadeau surprise et que de moi elle se soit éprise.
Faut que je me rende à l’évidence, y’a pas d’avance : les Jennifer, les Gwyneth sont pas faites pour moi ce pauv’ type qui n’aie pas le minois à la Pitt !
10:25 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, nouvelles, impromptus, surprise
23.02.2007
Jardin d'hiver
Paume sur la vitre, sensation de froid. Contemplatif par désœuvrement, mes yeux se perdent puis se mouillent, puis se perdent.
Mon cœur est peint d’une couleur qui n’existe pas. Aucun mot pour la décrire, personne, jamais, ne pourra la voir.
Front sur la vitre, sensation de froid. Paupières clauses, je ne vois pas mon souffle qui embue ce verre qui redevient sable, plus rien n’est solide, j’ai besoin de m’asseoir.
Tombant toujours, pourtant assis, j’ouvre les yeux sur ma douleur.
La maison depuis hier est trop grande. Ton jardin d’hiver se sent seul ; le vert, le blanc, le rouge, le jaune, le bleu, tous te réclament, je les entends chuchoter, ils savent la vérité, ils ont entendu les policiers dire : « Votre femme est décédée, désolé. »
( Voir ce site )
10:25 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, textes courts et nouvelles, jardin d'hiver, impromptus
19.02.2007
Versailles
« Il choisit toujours la solution la plus compliquée !
- La plus compliquée ? je ne sais pas, mais s’il l’a choisie c’est que c’est la meilleure, faites confiance à notre capitaine ! »
Le Sceptre, vaisseau aux 74 canons, faisait route vers le nord, acteur principal de ce que l’histoire appellera « l’Expédition de la baie d’Hudson » lors de la guerre d’indépendance américaine.
Carnet de bord :
17 juillet 1782.
Quelques semaines plus tard, Jean-François de Galaup dit La Pérouse, s’empara facilement des deux forts britanniques à ravir, provoquant ainsi l’admiration pour ses capacités nautiques et militaires tant en France qu’en Grande-Bretagne. Première pierre du château de ses exploits futurs.
( Consigne 40 de ce site )
11:05 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, nouvelles, la pérouse, paroles plurielles
13.02.2007
Les pavés de Bruxelles
Zoomons. Partons d’une image mentale de la planète. Faisons perdre à notre caméra mentale de l’altitude. Stop. Voilà une belle image de l’Europe. Reprenons la descente. Zoomons sur la Belgique. Stoppons ! Nous voici à mille mètres au-dessus de Bruxelles. Le temps est dégagé, pas de problème de visibilité. Ça se corse. Nous sommes conviés à partager quelque temps la vie de deux marcheurs citadins : Henri et Eddy. Trouvons-les. Voilà, ça y est ! A deux encablures de la Grand-Place, une rue pavée au nord-ouest. Restons à un mètre au-dessus d’eux, chuuut !, écoutons-les, suivons-les, observons-les.
« Henri, t’as pas un clope ? ou une clope ? C’est fille ou garçon, clope ?
- C’est masculin et féminin, Eddy, on peut dire les deux…tiens…prends.
- Merci.
- Pourquoi on marche autant, Henri ? On va faire comme ça toute notre vie ?
- Je te l’ai déjà répété des dizaines de fois : Tant qu’on marche, on est pas totalement mort, pas totalement exclu du monde qui nous entoure.
- Ah ouais, c’est vrai, et puis c’est bon pour la santé, de marcher, j’ai juste pas vrai ?
- Tu as raison, Eddy, tu as raison.
- Qu’est-ce qu’y a du monde dans cette rue ! T’as vu ça ? On sent qu’on s’approche de la fin de l’année. A propos, on fait comme l’an passé, on s’offre chacun un cadeau à l’autre, pour nouvel an ?
- Si tu veux.
- Ou alors on attend les soldes qui, j’suis sûr, seront très avantageuses cette année !
- Avantageux.
- Quoi avantageux ?
- Les soldes.
- Quoi c’est garçon ‘solde’ ? Hé ben dis donc, là j’suis sûr que j’suis pas le seul qui fait la faute ! Tous les jours tu m’apprends des trucs, Henri, rien que pour ça j’suis content d’être à tes côtés tous les jours de l’année, je te l’ai peut-être pas souvent dit mais t’es vraiment mon meilleur ami !
- Tu l’as dis hier, avant-hier et même ce matin au réveil, mais merci c’est gentil Eddy. »
Descendons tout à fait à leur niveau, car les voilà qui entrent dans le local de l’association d’aide aux sans domicile fixe du quartier.
« Bonjour messieurs Henri et Eddy, pas trop difficile cette nuit ? Tenez, une soupe bien chaude avec plein de bonnes choses dedans, bon appétit.
- Merci Viviane.
- Merci Viviane.
- Dis, Henri, dans ce magazine, ils parlent de l’obélisque de la Concorde, c’est quoi ?
- Fais voir…ben regarde, ils ont mis une photo à la page suivante, c’est à Paris.
- Waouw, dis donc, on ira un jour la voir cette belle obélisque à Paris ?
- Ce bel obélisque, c’est masculin. Oui, promis, mais quand on s’en sera sorti tous les deux ! Sorti de la rue et de cette galère.
- Ben en tout cas c’est un bel obélisque. Mais dis donc, c’est comme Obélix, le personnage ou quoi ??
- Oui son nom vient de là. Astérix et Obélix. Tu sais, je t’ai déjà appris ce qu’était un moyen mnémotechnique, tu te souviens ?
- Ouais ouais !
- Et bien, Astérix et Obélix, c’est un moyen de retenir que astérisque et obélisque c’est deux mots masculins, il suffit de se souvenir que les deux personnages sont des hommes !
- On dit un astérisque alors ? C’est bien ça ?
- Exactement, la petite étoile c’est masculin.
- Au revoir messieurs et à demain, bon courage !
- Merci, au revoir.
- Merci Viviane.
- Dites, Henri, espérons que votre demande d’hébergement en foyer va bientôt aboutir, pour que vous puissiez vous réinsérer et, qui sait, redonner cours comme vous le faisiez, je suis sûre que vous étiez un merveilleux prof de français.
- Merci Viviane, espérons-le. Nous sommes quinzième sur la liste d’attente, d’ici quelques semaines dormirons-nous peut-être au chaud. A demain ! »
Laissons ces deux marcheurs citadins continuer leur route. Reprenons de l’altitude, enrichi de ce contact. Remontons dans l’espace en gardant un espace de notre esprit pour ce Henri et ce Eddy.
( Thème de la semaine de ce site )
11:25 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, impromptus, nouvelles, Eddy, Bruxelles
05.02.2007
Le patron
Un soleil érubescent inondait de ces derniers rayons l’entrepôt désaffecté qui tenait lieu depuis une heure tout à la fois de prison, de tribunal et de lieu de torture. Nous étions deux, j’étais le maton, le juge et du bon côté du flingue ; Enzo, le détenu, l’accusé, le condamné à mort. Mais qu’il serait mort quand je sortirai de l’immeuble, il ne le savait pas encore.
L’air froid transportait une fine poussière révélée par les rais obliques, ainsi que les gémissements du ligoté. Je l’avais déjà bien amochée, cette gueule d’ange.
- Quand on respecte pas les règles, Enzo, on en paie le prix. Et tu savais, quand tu es entré dans la famille, que c’est toujours le prix fort !
- Tony…..pitié….j’ai rien fait….j’te jure….détache-moi de cette chaise et on en parle tranquillement...
- T’es pas bien assis ? Espèce de sale petite frappe , tu crois qu’on entube comme ça le clan, sans représailles ?…Je crois que j’avais raison, Enzo, t’étais trop jeune pour qu’on t’adopte….mais tu plaisais au patron….et c’est lui qui décide…
Je le regardais se contorsionner de désespoir, plein de la pensée que j’avais été un jour, jeune, fou et inconscient comme lui. Mais j’avais reçu les consignes du boss, il fallait que je le « rende invisible » comme on dit dans la famille.
- Dis-moi tout ce que tu sais et alors peut-être y aura-t-il une clémence de ma part, si tu refuses je te tire dans les chevilles puis, en remontant, dans les autres articulations.
- Pitié…non…on est comme des frères, Tony…bon ok….ok…C’est Big Al qui m’a proposé ce coup. J’ai accepté mais c’est lui qui a tout manigancé, je te jure…
- Qui sont les autres traîtres ?…vite…je perds patience…
- Many, Reds et Aldoni.
- Ouh la la, c’est que c’est de la fine équipe tout ça…Ils paieront tout autant que toi, Enzo, si ça peut te rassurer…mais maintenant, faut que je te dise adieu…tu vas faire un p’tit voyage.
J’ai pressé trois fois la détente. Les trois détonations remplirent durant quelques secondes entièrement l’entrepôt. Le crépuscule sonnait l’heure du départ. Je savais que du boulot m’attendait, au moins quatre contrats, j’en étais sûr, je connaissais bien le patron !
12:20 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, impromptus, nouvelles, enzo
01.02.2007
Rome
- Je suis resté une heure environ dans la salle de bain.
- Et vous n’avez rien entendu ? Absolument rien ?
- Non, j’écoutais de la musique. J’ai déjà tout raconté à vos collègues il y a trois heures, pourquoi ces questions, bordel de merde ?
J’ai dû jeter un regard torve sur le carabinier qui se tenait debout à ma gauche car il me sourit et s’amuse de ma petite colère avec son collègue assis en face de moi devant un ordinateur.
- Monsieur Arnout, nous ne vous reprochons rien, mais ces questions sont importantes.
- Ok. Mais comprenez-moi, on a cambriolé ma chambre d’hôtel et enlevé ma femme…et j’y…j’y comprends rien.
- Ne vous inquiétez pas. Vous êtes à Rome depuis une semaine c’est bien ça ? Quand vous êtes-vous marié avec Madame Minelli ? Où vous êtes-vous rencontrés ?
- Dans un salon de prêt-à-porter à Bruxelles, elle y était représentante d’une marque italienne et moi je suis acheteur, voilà, coup de foudre immédiat, mariés six mois plus tard, à Rome depuis sept jours. Retrouvez-la, je vous en prie, ce qu’on m’a volé je m’en fous mais elle…
Le type assis au bureau décroche d’un geste brusque le téléphone qui venait de retentir, il parle dans un italien trop rapide pour moi. L’autre, toujours à ma gauche, s’approche et pose sa main sur mon épaule, pour me réconforter. Je me sens seul et désorienté. Il raccroche.
- Vous avez joué de malchance depuis votre arrivée, dites-moi ! D’abord l’histoire du Coca-Cola, puis l’agression, l’accident de la route et enfin ce cambriolage, vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup pour une lune de miel ?
- Beaucoup trop si. Mais le hasard fait parfois mal les choses !
- Racontez-nous l’agression, s’il vous plaît.
- On se baladait, moi et Chiara, au hasard des petites rues du quartier après un bon petit restau. Pris par l’ambiance romantique, on s’arrête quelques secondes dans une petite rue encombrée de vespas, pour s’embrasser…quand, ouvrant les yeux par hasard, je vois dans le rétro d’un des scooters, un énorme type armé d’une batte de base-ball foncer sur nous. Mes années de karaté m’ont aidé, j’ai réussi à le mettre presque K.-O. et on s’est enfui.
- Quelle chance Monsieur Arnout, quelle chance, vous auriez pu être mort à l’heure qu’il est !
- Mort ? non, non. Il voulait sûrement de l’argent, c’est tout.
- Détrompez-vous car on est en mesure de vous révéler la vérité !
Le type me fait signe de regarder par la porte ouverte, je me retourne et vois l’agresseur obèse menotté et flanqué de deux carabinieri, il est suivi d’une femme, elle ressemble à….
- Mais c’est Chiria ! ! Où l’emmenez-vous ? Mais elle est menottée !?
- Nos équipes les ont interceptés de justesse à l’aéroport, ils avaient sur eux deux billets en partance pour Canberra. Ils avaient fini par renoncer à leur plan !
- Quel plan ?
- Vous tuer mon cher, vous liquider ! Mais vous êtes coriace et vous nous avez permis d’enfin mettre la main sur eux. Votre femme est une veuve noire, Monsieur Arnout, elle tue ses époux pour profiter des héritages et autres assurances vie, elle s’appelle en réalité Sophia Malti, une redoutable criminelle.
Je vois, pétrifié, celle de qui je croyais être aimé disparaître dans un couloir. Jamais plus je ne devais la revoir.
( Consigne 39 )
12:50 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, nouvelle, paroles plurielles, rome, chiara



