07.04.2008
Opaline fée
A l’orée d’un vieux bois
Assise tel un beau roi
Etincelait une fée
Ailée et assoiffée
Inévitablement surpris
Immédiatement je lui dis :
« Auriez-vous besoin de mon eau ?
Opaline belle fée, j’en ai trop ! »
Une fois sa soif repue
Ultime confidence : elle s’en fut.
10:44 Publié dans Exercices d'écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, kaleidoplumes
29.12.2007
Juste les mots
Sensualité. Suavité. Sérénité. Serrée. Savourée. Secoué. Séduit. Simplicité. Embrassée. Malice. Délice. Calice. Câline. Abandonnée. Livré. Couchée. Penché. Unité. Fébrilité. Paroxysme. Don. Nudité. Abandon. Puis réalité. Complicité. Doux endormissement.
11:04 Publié dans Exercices d'écriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture
12.12.2006
52 mots nouveaux
Voici un texte pour lequel la contrainte que je me suis imposée était celle-ci : tout d'abord, choisir dans le dictionnaire 52 mots ( deux par lettre de l'alphabet) qui m'étaient inconnus; puis les réunir en un seul et même texte, une seule et même histoire.
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« À dieu vat ! » me suis-je entendu crier, accroché au bridon de mon cheval, redoutant qu’il ne s’enlise dans la bourbe de ces eaux stagnantes. Voilà six heures que je chemine à travers forêts et prairies mais je suis inquiet pour ma monture qui obstinément refuse de se désaltérer, souffrirait-elle d’adipsie ? d’un mal unguéal ou alors d’épuisement ? Le marais que nous venons de traverser fut pourtant le seul véritable effort fourni, moi qui, depuis ce matin, marche à ses côtés.
Les frusques que je porte montrent une bien mauvaise image du médecin que je suis. Au prochain village, pour qui me prendra-t-on ? pour un de ces godelureaux déchus ou alors pour un gobe-mouche assez sot pour s’être vu vendu un canasson malade. Mais qu’ai-je à faire du qu’en-dira-t-on ! ma route est encore longue, que m’importent les mauvaises langues, les picadors, zoïles et autres déprédateurs ! Aucun obstacle ne m’arrêtera ! Foi d’obstiné !
C’est la dilection pour ma bien-aimée, encore de moi si éloignée, qui me fait avancer. J’aurai besoin d’exciper de toute mon équanimité, légendaire en mon pays, pour traverser ces terres ennemies. De mes voyages et explorations passés, je suis riche ; des contrées traversées dans ma jeunesse, des animaux, plantes et habitants rencontrés, je puise ma force. Tel un labbe, je survole les embûches, telle la cistude, je me protège dans ma carapace, tel le xylocope, je voyage seul et du xérus j’ai la ruse.
Il est l’heure de trouver un endroit où passer la nuit, de permettre à ma jument de retrouver quelques forces. Au prochain hameau, il me faut trouver une auberge. Une partie de la précieuse étoffe en coton jumel rouge cinabre, seule richesse dont je dispose, me permettra de me payer un bon repas. Ne devant plus être très loin du Léman, un féra fera l’affaire, arrosé de quelques gouttes de rancio, ce menu sera un festin !
Ce matin au réveil, j’étais encore tout entier dans le cauchemar de la nuit : j’étais poursuivi par une dizaines de korrigans et de leurs nervis armés de yatagans dans une forêt de wellingtonias ; arrivé à une grotte, des milliers d’ixodes se mirent à me mordre la peau en mille endroits différents si bien que j’étais cloué sur place de douleur, menacé et rencogné par mes poursuivants au fond de la grotte, pour moi devenue mon éternel hypogée ; puis, un joueur de marimba sur un siège en iroko, à l’abri d’un néflier, me fit un clin d’œil et c’est au moment où, s’étant levé, il se dirigeait vers moi que j’ouvris les yeux sur la tranquille réalité de ma chambre. En descendant pour prendre congé, le tenancier m’annonça que mon cheval était mort pendant la nuit. Ce fut bien la pire matinée depuis le début de mon équipée.
Bref, me voilà, à pied, sans compagnons, sur les routes, direction l’Italie, obsédé par les vénustés de ma chère et tendre que je m’empresse de rejoindre, la sachant souffrante et me réclamant.
Oh mon cœur, pour toi, je cueillerai toutes les fleurs de la Terre qu’elles soient lisses ou hispides, blanches ou du jaune de la quercitrine. Je tairai mon quant-à-soi pour crier sur tous les toits mon amour pour toi. Des orteils au vertex, mon corps appartient au tien. Notre amour est plus fort que celui de tous les univitellins réunis, mon cœur rebondit plus fort que la balle des pelotaris !
Oh ma mie, pour toi, j’achèterai les cosmétiques à la lanoline les plus onéreux, les parfums aux fèves de tonka les plus précieux, les makimonos des peintres orientaux les plus beaux.
Je traverserai les sebkas sahariennes pour retrouver les boissons les plus anciennes tels l’oxycrat grec et le zythum égyptien. Je t’emmènerai goutter les yakitoris dans ce pays où les yeux rient !
Je te construirai le plus beau des jubés pour qu’on puisse, tels les Turcs, y savourer le kief.
Oh oui, et puis j’apprendrai le wolof et l’ourdou , pour te dire en ces langues que de ton âme je suis fou.
J’ouvrirai des speakeasies là où notre amour est prohibé, je contrerai les tenderies de ceux qui veulent nous empêcher de voler.
Je me réjouis de chaque pas car il me rapproche de toi.
14:40 Publié dans Exercices d'écriture | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, exercice, mon monde
25.10.2006
Page blanche, écran vide et autres miroirs
Page vide, écran blanc :
Miroirs de notre vacuité
Ou ‘quand notre insignifiance nous est révélée’.
Peur du vide de la page blanche :
Ou ‘quand l’homme craint de voir ce qu’il est’.
Boulimie d’écriture d’un auteur mégalomaniaque :
Ou ‘quand un homme se construit une dentelle de vide qu’il est le seul à contempler’
Textes sacrés : miroirs de notre anxiété à la mort face
Textes publicités : signes de notre respect à la mode face
Textes textos : reflets de notre soumission à nos affects face
Et des mots, parfois, font sens, ceux qui nous disent : ‘nous ne sommes rien’.
Et des phrases, parfois, ont un sens, celles qui tel nos yeux observent.
Sans autre ambition que de montrer le vide de la page même pleine d’encre, le vide de l’écran même plein des vingt-six lettres.
Et les yeux passent, et les yeux filent, et les yeux oublient qu’ils ont filé.
Et les mots passent, les mêmes ou pas, qui accompagnent une pensée, ou pas.
Ici ou là.
Un page devrait rester blanche, pure, immaculée.
Un écran devrait rester vide, pur, non souillé.
Mais les hommes veulent se remplir et montrer au monde qu’ils sont pleins.
Pleins de l’ignorance de leurs connaissances.
Pleins de leurs minables suffisances.
Et ils parlent pour ne pleurer pas.
Et ils pleurent pour ne montrer pas.
Et ils montrent pour n’écrire pas.
Et ils écrivent pour ne parler pas.
Mais l’Homme serait-il encore l’Homme sans tout cela ?
(thème de la semaine sur ce site)
15:48 Publié dans Exercices d'écriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, impromptus, page blanche
09.09.2006
Paradoxes
A force de grossir, je m'aigris.
Le cyclope n’en fumait pas une.
Le cyprès était encore tellement loin.
Bien que sobre, on lui fit danser la bourrée.
Il n'avait pas de veines avec ses artères.
Un orque dans une poissonnerie ? c’est une boucherie !
Son frère consanguin était intelligent et calme.
Un cerveau lent ne prend jamais de hauteur.
Avoir maille à partir avec une mayonnaise.
Le cardiologue est tombé sur un os.
Cette antienne prône la haine.
Avec un ciel essentiel.
Qui dit machine dit mon goal.
Tu me tires l'ire avec tes dépenses d'argent.
Une mouche m'a empêché d'éternuer !
Des moustiques errent.
Il est mort abruti par la guerre, c'était un compatriote.
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Ils sont de moi, alors si un ces paradoxes vous échappe (ce dont je doute), je peux toujours vous donner l’explication !
15:56 Publié dans Exercices d'écriture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, exercices d'ecriture, paradoxes
30.08.2006
Dis-moi dix mots
Il y a quelque temps déjà, je m'étais essayé à ce jeu : ici .
Les dix mots étaient :
# quelqu'un : Jacques Brel
# un lieu : sous les cocotiers
# un repère temporel : dans trois jours
# un autre quelqu'un : Léon Tolstoï
# un nombre : 90125
# une couleur : vert pomme
# une caractéristique personnelle : la cautèle
# une humeur : une humeur de chien
# un objet : un hameçon
# un truc quelconque : le bonheur
Et voici le texte que j'avais écrit alors :
22 mai 2001. Kevin est d’une humeur de chien, dans trois jours le grand jour, il y mettra la dernière étape de son plan à exécution. Son plan ? Récolter au moins 90.000 F pour s’installer sous les cocotiers.
D’ici là, il refait ses calculs. La commode vert pomme vendue pour 1500 F à la mère de son meilleur ami. La canne à pêche de son grand-père accompagné de son hameçon fétiche cédés pour 500 F. Sa collection des Aventures de Tintin achetée par sa petite sœur pour 125 F. Ces trois dernières transactions viennent s’ajouter aux 28.000 F déjà récoltés. Il lui reste précisément 59.875 F à trouver, il n’a plus rien à vendre, la chose lui apparaît désormais très clairement : il doit remporter cette cinquième victoire.
C’est le grand jour et à peine est-il arrivé au studio d’enregistrement qu’il demande à combien est la cagnotte. « 60.000 F », lui répond la maquilleuse. Calcul de dernière minute, « si je gagne, ça me fait 90.125 F, c’est parfait » pense-t-il. Il croise ensuite Julien Lepers qu’il n’avait plus vu depuis cette journée où il remporta 4 émissions d’affilée.
L’émission commence enfin. Kevin, usant autant de sa cautèle que de sa propension au risque, fait de la première étape une formalité. Premier à choisir le thème du « 4 à la suite », il penche pour ‘la chanson française’. Il fait facilement 4 points. Avec notamment la question : « Quel chanteur est enterré aux Marquises » à laquelle il répond « Jacques Brel , évidemment! ».
Reste la dernière étape. Il mène alors 8 à 1 quand vient la question :
- Attention, Je suis….Un écrivain russe né en 1828 à Iasnaïa Poliana, je….
- Léon Tostoï !
Sûr de lui, il se tourne vers Julien Lepers, entend le jingle annonçant la victoire, sourit et lève les bras au ciel.
En ce moment, il savoure son bonheur sur une plage de Bora Bora.
17:20 Publié dans Exercices d'écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, jeu, exercice
22.08.2006
Exercice de description
Décrire au plus juste mes champs de vision, situations, émotions. Meilleure solution : les mots. Tentative de description de mon présent instant :
Mes jambes sont au contact d’un jean bleu foncé dont la longueur impose à ses bords d’être repliés quand comme à l’instant je ne porte pas de souliers. Des socquettes habillent mes pieds, ma taille est entourée d’une ceinture de cuir tous les jours portée. Mes orteils touchent le sol du premier sur lequel une chaise blanche permet à mon séant d’être posé. Ce dernier est confortablement installé dans un sous-vêtement de coton inutile à nommer. Un pull léger bleu marine sous lequel un t-shirt cintré manche courte complètent mon attirail. Bonne nouvelle pour moi : mon cœur bat, mes paupières du haut rencontrent régulièrement celles du bas et de l’air j’inspire sans exaspération. Mes doigts, mes mains, mes bras, mes orteils, mes pieds, le bas bougent sans broncher quand le cerveau l’a demandé. A tour de rôle, mes coudes, poignets ou doigts se reposent près du clavier sur la table en bois sur laquelle sont posés tout un tas d’objets dont l’écran où mes yeux très souvent sont fixés. Un pivotement de la tête et du tronc de presque trois cent soixante degrés permet à mon regard d’embrasser tout un tas d’objets, de couleurs, de reflets parmi lesquels : fenêtres, rouge, stores, imprimantes, bleu ciel, garde-robe, lit, ciel, arbres, chaussures, jaune, stylos, ciseaux, bouquins, plinthes, plafond, dictionnaire italien, miroir, orange, porte, tiroirs, bédés, CD, DVD, vert pomme, téléphone, violet, gomme. Quant à mon état mental : une prochaine ! foi de belgo-rital !
16:10 Publié dans Exercices d'écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture



