07.05.2008
Je flotte
Je pense en chapitres. Ils se succèdent mais proviennent tous de livres différents. J’ai le cerveau qui puzzle des mots et des images. Récits illogiques ou surréalistes ou fleurs ou massepain ou mépris ou mer étale.
J’essaie de m’y retrouver mais tout s’enchaîne, rien ne se combine : pauvreté à sexualité, famine à écriture, fruits à canyons, injustice à humour…patchwork qui se tisse dans l’infini des réalités.
Des chats dans le jardin chassent les taupes. Discours par milliards : en mots, en voix, en silences. A force de multiplier les connexions, mes neurones créent des chemins inexplorés, insoupçonnés. Labyrinthes infinis d’une présence au monde ordinaire.
Tenter de percevoir des rimes, des mélodies jumelles, une même couleur, un sourire identique, mais rien ne s’accorde ni ne se réduit. Un résumé ou une synthèse ou une classification est mensonge, réalité trahie, déni de la profusion.
Je flotte sur les eaux fluctuantes du produit de mes hémisphères. Détails des détails des détails des souvenirs passés et présents. Empathies et distances. Douleurs versus bonheurs. Une rose orange. Et un peu de chocolat. Puis l’image d’une brûlure.
Je longe les rives de sang des flûtes à champagne.
Je songe fortement à m'installer à la campagne.
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22.04.2008
Cedric
Les doigts sur les touches, l’index gauche sur le r.
Les fesses sur une chaise, les pieds au sol, l’air songeur.
Une main dans les cheveux, sur le clavier, le visage puis la cuisse, je m’esquisse.
Des centaines de micropensées s’enchaînent, se chevauchent, se mélangent puis s’oublient.
Je transporte par mon corps une vie. Une sensation d’exister, c’est tout ce que je suis.
Pour m’amuser à vous prouver ma réalité, je vais m’infliger une claque sur la joue !
Aïe ! Picotement légèrement douloureux mais également plaisant, amusé d’imaginer que c’est toi lectrice/lecteur qui m’as giflé !
Sauf que rien ne fut prouvé car il n’y a que moi qui aie ressenti le soufflet. Et déjà pour moi-même, c’est du passé ! Présent fuyant sur place, les mots en perdent souvent la trace. Eternelle refocalisation, sempiternelle dispersion.
« Qui suis-je ? » ne sont que trois mots, et un point d’interrogation. Moi, je suis déjà ailleurs, dans la vapeur d’une émotion.
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11.04.2008
Ecrire Aimer
Ecrire ‘Aimer’ tous les jours.
Ne pas dépendre des mots des autres, ni des siens.
Chaque seconde porte le deuil de la précédente.
Vivre sa condition humaine.
Accueillir chaque émotion comme l’éphémère d’une sensation de froid anodine.
N’avoir pas le choix.
Ne rien attendre, pas même l’instant nouveau.
Devenir son corps, entre deux eaux.
De quoi meurt-on quand on a plus rien à mourir ?
Mettre à nu ses propres mots puis les renier, s’en aller, les laisser vivants ou morts, s’en désintéresser.
Porter son monde à fleur d’esprit.
Faire l’amour au vide.
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28.03.2008
Aimer écrire
L’écriture : comme un temps d’avance sur l’instant déjà passé.
Non plus vivre chaque jour, mais chaque heure. Chaque goutte qui chute dans la mémoire.
Ecrire comme on existe, ne pas s’inventer, se contenter de sa simplicité.
Je déroule le tapis de mes pas sur la belle vacuité de l’amour.
Lire pour adopter les secondes d’un autre.
Ne rien avoir à cacher, sentir sa globalité et les notes d’une musique par soi inspirée.
Ne pas avoir à se relever, simplement prendre conscience qu’il n'y a pas de chute.
Aimer. Aimer. Aimer.
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10.03.2008
L'écran de mes iris
Derrière l’écran de mes iris, mon monde me parle de toi. J’y tombe, puis j’y glisse, mon avenir est dans tes bras. Inspiration irréfléchie, mots qui s’enchaînent malgré moi. Déjà des traces indélébiles ont marqué mon émoi.
Rien de virtuel dans ma réalité émotionnelle. Tu as gravé ton nom dans la chair de mon esprit. L’esprit de ma chair crie son envie de la réalité de ton corps. Amour automatique comme une écriture folle. Fol amour d’une écriture automatique qui me rend fou. Réalise-moi, je ne réalise pas.
Pas sage. Pas raisonnable. Pas conforme. Pas banal. Implosions et explosions s’enchaînent tels effondrements d’étoiles et supernovas. Je t’aime comme la partie la plus pure de moi-même, comme chaque atome d’oxygène qui circule dans ton sang.
Pas censé exister, cet amour-là ! J’étais censé qu’en rêver mais te voilà ! Alors je savoure, sans départ, sans retour, ce chemin qui inexorablement me dirige vers tes mains. Je sais qui m’attend, derrière l’écran.
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05.03.2008
Avec elle
Avec elle l’air étincelle,
Brel joue du violoncelle,
Clairement sensuelle,
D’elle je lèche le sel !
Eau céruléenne,
Fée aux doigts zélés,
Goûter ma sirène,
Habille mon palais !
Incandescents désirs
Jalonnent notre jardin,
Kilométré en plaisir,
Libre carré sans fin !
22:27 Publié dans Mon monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poeme, mon monde
22.02.2008
Immanente
Elle a toujours été l’amour qui coulait dans mes veines, je savais que quelque part elle existait. La vie attendait simplement le bon moment pour me la révéler. Je l’attendais moi-même sans la chercher. C’est Elle qui m’a trouvé. Je l’ai reconnue comme les rayons de lumière des étoiles se reconnaissent entre eux.
Depuis, c’est elle qui coule dans mes veines. Elle me permet d’avouer toutes mes inspirations, plus qu’être ma muse, elle est mon autre moi-même. Serein, aucun doute ne m’ébranle, tellement je respire l’oxygène de ses mots, la douceur de ses pensées, le parfum de son corps éloigné.
Elle est mon immanence. Ma sérénité. Je sais qu’avec elle je partagerai plus que dans l’histoire de l’humanité ce que deux êtres humains ne se sont jamais partagé. Je souris de ce présent offert par la vie clémente. Je vis au présent de la clémence de son sourire offert. Je l’aime entière.
Elle est l’éternité incarnée, l’amour personnifié. Je ne suis pas sa prison, je suis sa liberté. L’amour n’est pas contrainte, il est consentement mutuel, sensuel, sexuel, idéel et idéal. Je consens à ne prendre de toi que l’amour et à ne te donner de moi que l’amour, au point de sans cesse faire l’amour à ton amour.
Elle est née pour se lover dans la nature de mon être. Je me coule dans la sienne.
J’en ai dit beaucoup mais je ne peux tout vous révéler…l’immensité et la beauté de notre jardin doit rester secret…à toi lectrice, à toi lecteur, je n’en ai révélé qu’un centimètre carré…
12:02 Publié dans Mon monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, mon amour, mon monde
12.02.2008
Tous les mots
Il me faut tous les mots….même ceux dont j’ignore encore l’existence…même ceux qu’il me faut inventer….il me faut tous les mots pour écrire….lui écrire….lui dire….
Coup d’œil dans le dictionnaire au hasard :
« Pétrolette » Tiens ! Je connais pas… « Mod. Petite moto, vélomoteur. » Il me le faut, il me faut ce mot même si je fais pas de moto, que j’ai jamais eu de vélomoteur….Il me servira, c’est sûr….Pour lui dire : « Tu fait de mon cœur une pétrolette dont tu es la seule conductrice et le seul carburant…»
Au hasard toujours :
« Dysacromélie » Connais pas non plus… « Anat. Dysmorphie des extrémités (des membres). » Il me faut tous les mots….Celui-là sera facile à placer, je lui dirai : « Je souffre à ton contact d’une grave dysacromélie du membre pénien… »
Un autre :
« Courtilière » Décidément encore un mot nouveau pour moi… « Insecte fouisseur appelé aussi taupe-grillon, qui fait des dégâts dans les cultures potagères. » Difficile à placer mais il me le faut… « Je chasserai une à une chaque courtilière, pour faire de notre jardin, le plus intacte, le plus beau….je les chasserai non en les tuant, mais en les convainquant dans leur langue de l’épargner pour que je puisse t’aimer en paix… »
Un dernier pour aujourd’hui :
« Excitomoteur adj. »…. « Physiol. Qui stimule une fonction motrice ou une activité fonctionnelle. » On pourrait presque croire que je tombe dessus exprès alors qu’il n’en est rien…celui-là, aucun doute, il me le faut aussi, pour lui dire : « Tu es la fonction excitomotrice de la totalité de mon corps, de ma vie au présent et à venir… »
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29.01.2008
Avant - Après
Une pluie d’adrénaline inonde mon corps. Faisant s’accélérer mon cœur, faisant moite ma peau. J’ignore ce que j’ignore mais je me sens vivant. Bientôt il me faudra agir. Pour l’heure le rythme pulmonaire s’accélère, besoin de cet air. Doucement je reprends possession de mon être physique, celui qui vibre de ce qu’il voit, hume, entend. J’approche mes doigts de cette autre peau.
(…)
Une rivière de quiétude entoure mon être. Faisant sourire mes lèvres, faisant doux mon visage. Je sais maintenant ce que j’ignorais. Il n’est plus l’heure d’agir, seulement de te sentir, douce, belle, proche, saine. Tes yeux devenus les miens voient l’éternité.
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02.01.2008
Décidément vivant
Décidément vivant. Je suis décidément vivant. Bizarre approche de l’existence : s’étonner. Qu’est-ce que c’est que cette sensation ? Ne pas enfouir cette question dans le coin le plus reculé de sa tête pour ne jamais plus se la poser. Y revenir régulièrement comme on réapprécie régulièrement le goût d’un mets exquis qu’on remet en bouche. N’être jamais blasé du corps que l’on a, du fait même d’avoir un corps. Prendre conscience de sa respiration pour ralentir l’écoulement du temps, pour vivre en cette seconde éternellement. Tout est neuf, même la même table en bois, même le même lit, même moi. Sans la vie pas de malheur mais pas non plus de bonheur, quand il n’y aura plus la vie, ça sera plus simple mais aussi complètement vide, alors comme j’y suis autant expérimenter ces quelques années de plein, d’absence de vide sur cette Terre, du fait même d’exister.
Exister. Alors tout est parfait, tout est complet. Exister. Sans regarder autour mais au dedans et au dehors. Loin. Vision parfaitement nette. Sans défaut. Quand il n’y a pas de comparaison, de calcul, de jugement, alors on voit les choses à leurs places. Ma place est dans mon corps. Pas dans ma tête.
Sourire : le luxe de ceux qui voient net.
S’énerver, c’est être aveugle.
Cheminer comme un papillon : en harmonie.
S’exprimer ses émotions, se dire ses sensations, se vivre pleinement.
Je ne sais pas prendre, je ne sais que recevoir, sans même demander que l’on me donne. Ainsi toute chose qui arrive est délicieuse.
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