11.11.2009

Etrange équipage

Envie de partir. Faire de son imagination, le vaisseau.

 

S'accompagner d'un étrange équipage :

 

Ouaouarons bicolores tricotant, lycaons bleus assoupis,

Oryctéropes à plumes se coiffant, ayes-ayes blessés et meurtris,

Capybaras devant ces derniers s'esclaffant, coatis verts et gris...

 

Et l'écrire.

 

Observer ces animaux se parler, se comprendre, interagir,

Prendre part à quelques discussions puis les laisser, bifurquer ;

Quelques secondes s'arrêter, les voir s'éloigner, s'évanouir...

 

Et l'écrire.

 

Poursuivre le chemin qui à chaque pas se crée.

Acteur et spectateur du sablier de ses pensées.

Se laisser bercer au gré de ses envies rêvées.

 

Pousser cette porte qui m'invite, sourire, saluer, trinquer.

S'adosser à ce rocher pour converser avec le ciel rose-orangé.

Voir apparaître celle qui n'existe pas, lui offrir un baiser.

 

Et l'écrire.

 

Me savoir assis, ici ; mais, magie, me voilà debout à Cuba ;

Allongé à Tanger ; accroupi à Dehli ; méditant au Bhoutan ;

Alité sur la Voie Lactée, j'entends une ode au firmament :

 

«  Unies vers toi, mes pensées te dessinent, infini étoilé,

«  Unies vers elle, mes idées se troublent d'un voile éthéré,

«  ...

14.05.2009

Juste un corps

 

Quand on se réveillera, on sourira

 

 

Un jour, quelque part, il y a longtemps, pour toujours.

 

Un silex.

 

Demain, à jamais, un sourire, invisible.

 

Corps.

 

 

Pas d'histoires.

 

Juste un corps.

 

Pas d'Histoire.

 

Juste un décor.

08.12.2008

naissance

Ne rien renier de ses écrits passés.

Tout laisser à nu au vu et au su de tous.

Et pourtant recommencer à écrire.

Ou plutôt : commencer à écrire.

 

Car chaque mot est un premier mot.

Car chaque mot est le dernier.

Demain tout se sera désintégré comme hier tout était sans couleurs, ni même noir ni même blanc.

 

Mais aujourd'hui existe.

Aujourd'hui ne meurt pas.

Alors rester fidèle à soi !

On a pas le choix.

 

Rester fidèle à soi-même :

C'est respirer le seul air sain disponible.

22.05.2008

Pantins

La dame de pique entaille mon cœur
Le sourire doux daigne ma voix
Simplicité acceptée, réalité.

J’ai mal au cadavre.

Partout une perpétuité.

Le trouble se trouve particulier.

Arrière.

Magnifique acquisition, le soleil se meurt. Retrouver parmi nous l’espoir.
Désabusé par le manque de motivation. Fierté. Manœuvre. Pathétiques pantins.

07.05.2008

Je flotte

Je pense en chapitres. Ils se succèdent mais proviennent tous de livres différents. J’ai le cerveau qui puzzle des mots et des images. Récits illogiques ou surréalistes ou fleurs ou massepain ou mépris ou mer étale.

J’essaie de m’y retrouver mais tout s’enchaîne, rien ne se combine : pauvreté à sexualité, famine à écriture, fruits à canyons, injustice à humour…patchwork qui se tisse dans l’infini des réalités.

Des chats dans le jardin chassent les taupes. Discours par milliards : en mots, en voix, en silences. A force de multiplier les connexions, mes neurones créent des chemins inexplorés, insoupçonnés. Labyrinthes infinis d’une présence au monde ordinaire.

Tenter de percevoir des rimes, des mélodies jumelles, une même couleur, un sourire identique, mais rien ne s’accorde ni ne se réduit. Un résumé ou une synthèse ou une classification est mensonge, réalité trahie, déni de la profusion.

Je flotte sur les eaux fluctuantes du produit de mes hémisphères. Détails des détails des détails des souvenirs passés et présents. Empathies et distances. Douleurs versus bonheurs. Une rose orange. Et un peu de chocolat. Puis l’image d’une brûlure.

Je longe les rives de sang des flûtes à champagne. 
Je songe fortement à m'installer à la campagne.

22.04.2008

Cedric

Les doigts sur les touches, l’index gauche sur le r.
Les fesses sur une chaise, les pieds au sol, l’air songeur.
Une main dans les cheveux, sur le clavier, le visage puis la cuisse, je m’esquisse.

Des centaines de micropensées s’enchaînent, se chevauchent, se mélangent puis s’oublient.
Je transporte par mon corps une vie. Une sensation d’exister, c’est tout ce que je suis.

Pour m’amuser à vous prouver ma réalité, je vais m’infliger une claque sur la joue !
Aïe ! Picotement légèrement douloureux mais également plaisant, amusé d’imaginer que c’est toi lectrice/lecteur qui m’as giflé !

Sauf que rien ne fut prouvé car il n’y a que moi qui aie ressenti le soufflet. Et déjà pour moi-même, c’est du passé !  Présent fuyant sur place, les mots en perdent souvent la trace. Eternelle refocalisation, sempiternelle dispersion.

« Qui suis-je ? » ne sont que trois mots, et un point d’interrogation. Moi, je suis déjà ailleurs, dans la vapeur d’une émotion.

11.04.2008

Ecrire Aimer

Ecrire ‘Aimer’ tous les jours.

Ne pas dépendre des mots des autres, ni des siens.

Chaque seconde porte le deuil de la précédente.

Vivre sa condition humaine.

Accueillir chaque émotion comme l’éphémère d’une sensation de froid anodine.

N’avoir pas le choix.

Ne rien attendre, pas même l’instant nouveau.

Devenir son corps, entre deux eaux.

De quoi meurt-on quand on a plus rien à mourir ?

Mettre à nu ses propres mots puis les renier, s’en aller, les laisser vivants ou morts, s’en désintéresser.

Porter son monde à fleur d’esprit.

Faire l’amour au vide.

28.03.2008

Aimer écrire

L’écriture : comme un temps d’avance sur l’instant déjà passé.

Non plus vivre chaque jour, mais chaque heure. Chaque goutte qui chute dans la mémoire.

Ecrire comme on existe, ne pas s’inventer, se contenter de sa simplicité.

Je déroule le tapis de mes pas sur la belle vacuité de l’amour.

Lire pour adopter les secondes d’un autre.

Ne rien avoir à cacher, sentir sa globalité et les notes d’une musique par soi inspirée.

Ne pas avoir à se relever, simplement prendre conscience qu’il n'y a pas de chute.

Aimer. Aimer. Aimer.

10.03.2008

L'écran de mes iris

Derrière l’écran de mes iris, mon monde me parle de toi. J’y tombe, puis j’y glisse, mon avenir est dans tes bras. Inspiration irréfléchie, mots qui s’enchaînent malgré moi. Déjà des traces indélébiles ont marqué mon émoi.

Rien de virtuel dans ma réalité émotionnelle. Tu as gravé ton nom dans la chair de mon esprit. L’esprit de ma chair crie son envie de la réalité de ton corps. Amour automatique comme une écriture folle. Fol amour d’une écriture automatique qui me rend fou. Réalise-moi, je ne réalise pas.

Pas sage. Pas raisonnable. Pas conforme. Pas banal. Implosions et explosions s’enchaînent tels effondrements d’étoiles et supernovas. Je t’aime comme la partie la plus pure de moi-même, comme chaque atome d’oxygène qui circule dans ton sang.

Pas censé exister, cet amour-là ! J’étais censé qu’en rêver mais te voilà ! Alors je savoure, sans départ, sans retour, ce chemin qui inexorablement me dirige vers tes mains. Je sais qui m’attend, derrière l’écran.

05.03.2008

Avec elle

Avec elle l’air étincelle,
Brel joue du violoncelle,
Clairement sensuelle,
D’elle je lèche le sel !

Eau céruléenne,
Fée aux doigts zélés,
Goûter ma sirène,
Habille mon palais !

Incandescents désirs
Jalonnent notre jardin,
Kilométré en plaisir,
Libre carré sans fin !

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