12.11.2007

La course

Je cours. Personne me voit. Enchaîné à la vie, je ne suis pas libre. Je cours. Vers toi, vers moi, vers plus grand, plus loin. Mais partout où je dirige mes bras : le vide. Je tombe en courant dans le vide intersidéral. J’ai beau avoir les pieds sur terre, je ne suis basé sur rien. Mon regard se porte sur des amas d’atomes atones. La vie commence à me blaser, courir ça fatigue. Qui a décrété que la vie c’était vital ? Je m’arrête, au moins un peu. Autour de moi, de l’immobilité. En moi, tout s’accélère. Prise de conscience express. Sourire pour pas pleurer. Quelle mascarade ! Toi, tu cours encore ? Je reprends la course, plus lucide. Quelle supercherie, ces molécules ! Qui dicte quoi ? Sans haut, y a-t-il encore le bas ? Je reste perplexe, je savoure une glace à la vanille. Assis sur un banc. Le regard froid ou perdu, gagnant de la lenteur. Efficacité d’une pensée vidé de son contenu. Je souris moins blasé, plus doux, plus naturel. Reste le temps à passer. Savourer le présent comme une friandise. Je vois les gens courir partout. Enchaînés à la vie, ils ne sont pas libres. Ils courent.