29.04.2008

Torsade électrifiée

Un seul oiseau sur la gaine torsadée du câble électrifié.
Un clignement de paupières, trois battements d’ailes ont suffi :
Volatilisé, l’être de plumes ignorant mon regard focalisé.
Un chant, un gazouillis, indifférents à la présence de mon ouïe.

Ce qui est perçu par mes sens se moque de ma présence.
S’éblouir du spectacle gratuit, fortuit, sans faire de bruit.
S’étonner de percevoir. Se libérer de sa propre existence.
Conscient de n’être qu’un point éphémère où que je sois inscrit.

Les feuilles de l’arbre cent mètres en face dansent aussi joliment sous les doigts du vent
Avec ou sans mes yeux, avec ou sans ma vie, avec ou sans mes mots.
La nature n’a pas besoin de mon cerveau, ni cet arbre du mot « bouleau ».

Le meilleur moment est celui présent. Celui conscient de l’instant.
Il n’y a alors ni durée, ni journée, ni passé, ni classement.

Aucun oiseau sur la gaine torsadée du câble électrifié.
Mais fugitivement plein le ciel, des centaines, des milliers,
Des millions partout, où qu’ils soient, qui sont là où je ne vois pas.

Nul besoin de les percevoir, l’important n’est pas la quantité
Mais la qualité de son attention à la beauté qu’est la perception.

07.04.2008

Opaline fée

A l’orée d’un vieux bois
Assise tel un beau roi

Etincelait une fée
Ailée et assoiffée

Inévitablement surpris
Immédiatement je lui dis :

« Auriez-vous besoin de mon eau ?
Opaline belle fée, j’en ai trop ! »

Une fois sa soif repue
Ultime confidence : elle s’en fut.

 

( Consigne 14 sur Kaléidoplumes