07.05.2008

Je flotte

Je pense en chapitres. Ils se succèdent mais proviennent tous de livres différents. J’ai le cerveau qui puzzle des mots et des images. Récits illogiques ou surréalistes ou fleurs ou massepain ou mépris ou mer étale.

J’essaie de m’y retrouver mais tout s’enchaîne, rien ne se combine : pauvreté à sexualité, famine à écriture, fruits à canyons, injustice à humour…patchwork qui se tisse dans l’infini des réalités.

Des chats dans le jardin chassent les taupes. Discours par milliards : en mots, en voix, en silences. A force de multiplier les connexions, mes neurones créent des chemins inexplorés, insoupçonnés. Labyrinthes infinis d’une présence au monde ordinaire.

Tenter de percevoir des rimes, des mélodies jumelles, une même couleur, un sourire identique, mais rien ne s’accorde ni ne se réduit. Un résumé ou une synthèse ou une classification est mensonge, réalité trahie, déni de la profusion.

Je flotte sur les eaux fluctuantes du produit de mes hémisphères. Détails des détails des détails des souvenirs passés et présents. Empathies et distances. Douleurs versus bonheurs. Une rose orange. Et un peu de chocolat. Puis l’image d’une brûlure.

Je longe les rives de sang des flûtes à champagne. 
Je songe fortement à m'installer à la campagne.

29.04.2008

Torsade électrifiée

Un seul oiseau sur la gaine torsadée du câble électrifié.
Un clignement de paupières, trois battements d’ailes ont suffi :
Volatilisé, l’être de plumes ignorant mon regard focalisé.
Un chant, un gazouillis, indifférents à la présence de mon ouïe.

Ce qui est perçu par mes sens se moque de ma présence.
S’éblouir du spectacle gratuit, fortuit, sans faire de bruit.
S’étonner de percevoir. Se libérer de sa propre existence.
Conscient de n’être qu’un point éphémère où que je sois inscrit.

Les feuilles de l’arbre cent mètres en face dansent aussi joliment sous les doigts du vent
Avec ou sans mes yeux, avec ou sans ma vie, avec ou sans mes mots.
La nature n’a pas besoin de mon cerveau, ni cet arbre du mot « bouleau ».

Le meilleur moment est celui présent. Celui conscient de l’instant.
Il n’y a alors ni durée, ni journée, ni passé, ni classement.

Aucun oiseau sur la gaine torsadée du câble électrifié.
Mais fugitivement plein le ciel, des centaines, des milliers,
Des millions partout, où qu’ils soient, qui sont là où je ne vois pas.

Nul besoin de les percevoir, l’important n’est pas la quantité
Mais la qualité de son attention à la beauté qu’est la perception.

11.04.2008

Ecrire Aimer

Ecrire ‘Aimer’ tous les jours.

Ne pas dépendre des mots des autres, ni des siens.

Chaque seconde porte le deuil de la précédente.

Vivre sa condition humaine.

Accueillir chaque émotion comme l’éphémère d’une sensation de froid anodine.

N’avoir pas le choix.

Ne rien attendre, pas même l’instant nouveau.

Devenir son corps, entre deux eaux.

De quoi meurt-on quand on a plus rien à mourir ?

Mettre à nu ses propres mots puis les renier, s’en aller, les laisser vivants ou morts, s’en désintéresser.

Porter son monde à fleur d’esprit.

Faire l’amour au vide.

28.03.2008

Aimer écrire

L’écriture : comme un temps d’avance sur l’instant déjà passé.

Non plus vivre chaque jour, mais chaque heure. Chaque goutte qui chute dans la mémoire.

Ecrire comme on existe, ne pas s’inventer, se contenter de sa simplicité.

Je déroule le tapis de mes pas sur la belle vacuité de l’amour.

Lire pour adopter les secondes d’un autre.

Ne rien avoir à cacher, sentir sa globalité et les notes d’une musique par soi inspirée.

Ne pas avoir à se relever, simplement prendre conscience qu’il n'y a pas de chute.

Aimer. Aimer. Aimer.

27.03.2008

Revitalisé

Tuer l’instant d’avant, pour naître au présent.

Vitalité retrouvée, envie d’aimer.

Et je trace dans le creux du monde les traits de ton nouveau visage.

Je redécouvre la beauté. Je respire le destin.

10.03.2008

L'écran de mes iris

Derrière l’écran de mes iris, mon monde me parle de toi. J’y tombe, puis j’y glisse, mon avenir est dans tes bras. Inspiration irréfléchie, mots qui s’enchaînent malgré moi. Déjà des traces indélébiles ont marqué mon émoi.

Rien de virtuel dans ma réalité émotionnelle. Tu as gravé ton nom dans la chair de mon esprit. L’esprit de ma chair crie son envie de la réalité de ton corps. Amour automatique comme une écriture folle. Fol amour d’une écriture automatique qui me rend fou. Réalise-moi, je ne réalise pas.

Pas sage. Pas raisonnable. Pas conforme. Pas banal. Implosions et explosions s’enchaînent tels effondrements d’étoiles et supernovas. Je t’aime comme la partie la plus pure de moi-même, comme chaque atome d’oxygène qui circule dans ton sang.

Pas censé exister, cet amour-là ! J’étais censé qu’en rêver mais te voilà ! Alors je savoure, sans départ, sans retour, ce chemin qui inexorablement me dirige vers tes mains. Je sais qui m’attend, derrière l’écran.

05.03.2008

Avec elle

Avec elle l’air étincelle,
Brel joue du violoncelle,
Clairement sensuelle,
D’elle je lèche le sel !

Eau céruléenne,
Fée aux doigts zélés,
Goûter ma sirène,
Habille mon palais !

Incandescents désirs
Jalonnent notre jardin,
Kilométré en plaisir,
Libre carré sans fin !

03.03.2008

Exister

Je suis une existence. Je ne sais que faire à part exister.

L’être humain parle trop, pense trop, il ne sait plus simplement exister.

Ses semblables l’entraînent dans un tourbillon infini de mots. Il s’y perd.

‘Que suis-je ?’ et non pas ‘Qui suis-je ?’

Se réveiller d’une vie sous hypnose !  Se tenir psychiquement  droit. Reprogrammer une vie de servitude en une existence. Cesser de vivoter, mais Exister !

Ecouter mais ne pas sagement ingurgiter ! Percer et ne plus simplement voir !

Déchirer le voile d’une soi-disant réalité, pour découvrir, véritable oxygène : l’Amour !

22.02.2008

Immanente


Elle a toujours été l’amour qui coulait dans mes veines, je savais que quelque part elle existait. La vie attendait simplement le bon moment pour me la révéler. Je l’attendais moi-même sans la chercher. C’est Elle qui m’a trouvé. Je l’ai reconnue comme les rayons de lumière des étoiles se reconnaissent entre eux.

Depuis, c’est elle qui coule dans mes veines. Elle me permet d’avouer toutes mes inspirations, plus qu’être ma muse, elle est mon autre moi-même. Serein, aucun doute ne m’ébranle, tellement je respire l’oxygène de ses mots, la douceur de ses pensées, le parfum de son corps éloigné.

Elle est mon immanence. Ma sérénité. Je sais qu’avec elle je partagerai plus que dans l’histoire de l’humanité ce que deux êtres humains ne se sont jamais partagé. Je souris de ce présent offert par la vie clémente. Je vis au présent de la clémence de son sourire offert. Je l’aime entière.

Elle est l’éternité incarnée, l’amour personnifié. Je ne suis pas sa prison, je suis sa liberté. L’amour n’est pas contrainte, il est consentement mutuel, sensuel, sexuel, idéel et idéal. Je consens à ne prendre de toi que l’amour et à ne te donner de moi que l’amour, au point de sans cesse faire l’amour à ton amour.

 Elle est née pour se lover dans la nature de mon être. Je me coule dans la sienne.

J’en ai dit beaucoup mais je ne peux tout vous révéler…l’immensité et la beauté de notre jardin doit rester secret…à toi lectrice, à toi lecteur, je n’en ai révélé qu’un centimètre carré…

12.02.2008

Tous les mots

Il me faut tous les mots….même ceux dont j’ignore encore l’existence…même ceux qu’il me faut inventer….il me faut tous les mots pour écrire….lui écrire….lui dire….

Coup d’œil dans le dictionnaire au hasard :

« Pétrolette » Tiens ! Je connais pas… « Mod. Petite moto, vélomoteur. »  Il me le faut, il me faut ce mot même si je fais pas de moto, que j’ai jamais eu de vélomoteur….Il me servira, c’est sûr….Pour lui dire : « Tu fait de mon cœur une pétrolette dont tu es la seule conductrice et le seul carburant…»

Au hasard toujours :

« Dysacromélie »  Connais pas non plus… « Anat. Dysmorphie des extrémités (des membres). » Il me faut tous les mots….Celui-là sera facile à placer, je lui dirai : « Je souffre à ton contact d’une grave dysacromélie du membre pénien… »

Un autre :

« Courtilière » Décidément encore un mot nouveau pour moi… « Insecte fouisseur appelé aussi taupe-grillon, qui fait des dégâts dans les cultures potagères. » Difficile à placer mais il me le faut… « Je chasserai une à une chaque courtilière, pour faire de notre jardin, le plus intacte, le plus beau….je les chasserai non en les tuant, mais en les convainquant dans leur langue de l’épargner pour que je puisse t’aimer en paix… »

Un dernier pour aujourd’hui :

« Excitomoteur adj. »…. « Physiol. Qui stimule une fonction motrice ou une activité fonctionnelle. »  On pourrait presque croire que je tombe dessus exprès alors qu’il n’en est rien…celui-là, aucun doute, il me le faut aussi, pour lui dire : «  Tu es la fonction excitomotrice de la totalité de mon corps, de ma vie au présent et à venir… »