06.12.2006

Altière

La page blanche m’aspire tel un trou noir. Or plus je la souille, plus éclate à mes yeux sa blancheur, plus les lettres que j’y inscris me crient leurs malheurs.
La page blanche demeure, altière. Face à elle dans une étreinte fusionnelle. Mieux qu’un duel : un échange, de son éclat je puise ma force, grâce à moi sa révélation elle amorce.

Un cri. Net. Précis. Une onde fend l’air. Un tympan résonne. Un influx bioélectrique crée le son. La tête se tourne. Une vision. Nette. Précise. Des photons fendent l’air. Deux rétines s’impressionnent. Par le nerf oculaire, l’info permet au cerveau de créer la vision. Celle d’un homme à terre. Ensuite vient l’émotion.

25.10.2006

Page blanche, écran vide et autres miroirs

Page vide, écran blanc :
Miroirs de notre vacuité
Ou ‘quand notre insignifiance nous est révélée’.

Peur du vide de la page blanche :
Ou ‘quand l’homme craint de voir ce qu’il est’.

Boulimie d’écriture d’un auteur mégalomaniaque :
Ou ‘quand un homme se construit une dentelle de vide qu’il est le seul à contempler’

Textes sacrés : miroirs de notre anxiété à la mort face
Textes publicités : signes de notre respect à la mode face
Textes textos : reflets de notre soumission à nos affects face

Et des mots, parfois, font sens, ceux qui nous disent : ‘nous ne sommes rien’.
Et des phrases, parfois, ont un sens, celles qui tel nos yeux observent.
Sans autre ambition que de montrer le vide de la page même pleine d’encre, le vide de l’écran même plein des vingt-six lettres.

Et les yeux passent, et les yeux filent, et les yeux oublient qu’ils ont filé.
Et les mots passent, les mêmes ou pas, qui accompagnent une pensée, ou pas.
Ici                                                           ou                                                       là.

Un page devrait rester blanche, pure, immaculée.
Un écran devrait rester vide, pur, non souillé.
Mais les hommes veulent se remplir et montrer au monde qu’ils sont pleins.
Pleins de l’ignorance de leurs connaissances.
Pleins de leurs minables suffisances.
Et ils parlent pour ne pleurer pas.
Et ils pleurent pour ne montrer pas.
Et ils montrent pour n’écrire pas.
Et ils écrivent pour ne parler pas.

Mais l’Homme serait-il encore l’Homme sans tout cela ?
 
(thème de la semaine sur ce site)